Entre scènes passées et à venir, les sculptures que je réalise sous-entendent une temporalité en décalage avec celle de la monstration, laissant croire au spectateur que ce dernier rate quelque chose. Qu’il s’agisse de la baignade d’une sirène, de la fonte d’un cadeau géant ou de la danse destructrice d’une toupie d’ 1 m.80, je suis celle qui fait exister mes rêves, de telle sorte que c’est sans surprise que l’on fait le lien avec les travaux récents, témoignant d’un nouveau caprice : celui d’avoir un cheval.

Tour à tour Pénélope éplorée attendant son aimé par une fabrication extrêmement fastidieuse d’objets sentimentaux, ou encore dominante et propriétaire entourée de ses bêtes, je joue avec mes pièces comme une grande enfant possessive et fixe avec rigueur quelles sont les règles du jeu. En demande de partenaires pour ces parties, c’est naturellement mon cheval qui vient me donner le change.

Successivement entre domination et dépendance, je suis celle que le sentiment asservit lorsque je passe mon temps sur la fabrication d’objets/reliques sacralisant notre relation. Je convoque l’être absent par la mise en scène de morceaux de lui, jouant avec analogie sur les possibles de notre couple pour faire exister de petits objets énigmatiques bien gardés sous verre ou en écrin.

Parce que sculpteure comme cavalière, la matière se façonne, les propriétés ont leur importance et mes gestes les dominent, je développe ce petit monde dont j’ai les rênes en main.

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